Perles : Beautés des profondeurs
Venant de 10 000 lieues sous la mer, les perles sont renommées pour leur beauté – leur nom est synonyme de quelque chose de rare, fin, admirable et précieux. Prisées par la royauté européenne, comme George Villiers – 1er duc de Buckingham (1600) et la reine Margherita d’Italie (années 1880), les perles étaient en réalité recherchées bien avant que les goûts européens n’incluent la haute joaillerie. Des milliers d’années d’histoire documentée montrent que toutes les régions d’Asie ont découvert et extrait des perles, du prince Vijaya d’Inde en 500 av. J.-C. à la dynastie Han en Chine (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.) et même les célèbres plongeurs koweïtiens du XVe siècle.

Formées à l'origine à l'intérieur des coquilles de mollusques marins, comme les huîtres, elles servent en réalité à protéger l'animal des irritants et des parasites, bien que ce sous-produit soit très prisé par les collectionneurs de gemmes du monde entier. Autrefois récoltées dans des coquilles de mollusques sauvages, les perles sont désormais cultivées de manière durable, car la pêche aux perles naturelles est souvent non durable.

La plupart des perles que l'on trouve aujourd'hui sur le marché sont des perles de culture, élevées de manière durable grâce à des pratiques modernes. Les perles d'eau douce naturelles, en revanche, sont de plus en plus rares et d'une valeur exceptionnelle. Pierre Cartier, fondateur de la maison éponyme « Cartier », a acquis le manoir de la Cinquième Avenue qui abrite encore aujourd’hui la boutique phare de Cartier à New York, en échange d’un double collier assorti de perles naturelles évalué à 1 million de dollars américains à l’époque. La « Perle La Peregrina », autrefois possédée par des figures telles que Napoléon et Philippe II d’Espagne, a été achetée par l’acteur Richard Burton pour sa femme, l’actrice Elizabeth Taylor, en 1969 pour 37 000 $. Elle a été vendue en 2011 pour la somme impressionnante de 11,8 millions de dollars américains. D’autres bijoux de perles haut de gamme, comme le collier gris « Cowdray Pearls » vendu 5,3 millions de dollars américains en 2015, continuent d’être prisés par les connaisseurs pour leur rareté, leur beauté et leur valeur ultime.

Les perles sont évaluées en fonction de leur rareté, bien que d'autres critères de qualité entrent également en jeu, comme c'est le cas pour d'autres pierres précieuses. Les critères de qualité des perles sont la taille, la forme et l'éclat, ce dernier étant le plus déterminant. L'éclat se définit comme une « lueur douce et laiteuse », un concept difficile à expliquer aux collectionneurs novices. Si la taille, la forme et l'éclat aident le marché à déterminer la valeur des perles, les perles naturelles d'eau salée sont de la plus haute qualité, bien que les perles naturelles d'eau douce soient également très recherchées. Les perles de culture représentent aujourd'hui presque la totalité des perles, et bien qu'elles ne soient pas aussi prisées que les perles naturelles non traitées, elles restent très précieuses si leur qualité est élevée.
